2015 : DÉDICACE du livre de Louise Dupré pour Aron Atabek (Kazakhtan)
   

 

Cher Aron Atabek,

Je suis très sensible à votre douleur. Je ne peux rien pour la soulager, je n’appartiens pas aux puissants de ce monde, je suis comme vous une poète. Les conditions d’incarcération dans lesquelles vous vivez sont inhumaines et je suis gênée de vous écrire, moi qui habite dans un pays où l’on peut s’exprimer sans risquer la prison. Je n’ose imaginer comment je me comporterais, moi, si je subissais depuis huit ans ce que vous devez subir jour après jour au Kazakhtan sans savoir quand prendront fin vos mauvais traitements.

Vous payez de votre vie votre soif de justice et de liberté. Je vous admire, je pense à vous en espérant de tout cœur que vous serez libéré d’ici peu. Quant à moi, je continuerai de vous soutenir. Je vous offre mon livre de poésie Plus haut que les flammes, un livre à la mémoire de la Shoah, écrit pour que l’avenir ne répète pas le passé. Votre courage me donne de l’espoir.

L. Dupré Montréal, 12 septembre 2015

 




 
  Louise Dupré
(Québec)

   

Aron Atabek
(Kazakhtan)

 
 

© Toma Iczkovits


Louise Dupré a publié une vingtaine de titres, qui lui ont mérité de nombreux prix et distinctions. Parmi ses livres récents, soulignons le recueil de nouvelles L’été funambule (2008) chez XYZ éditeur, le livre de poésie Plus haut que les flammes (2010) aux Éditions du Noroît et le récit L'album multicolore (2014) chez Héliotrope. Elle est membre de l’Académie des lettres du Québec et professeure associée à l'Université du Québec à Montréal. En 2014, elle a été nommée membre de l'Ordre du Canada « pour son apport à la littérature québécoise en tant que poète, romancière, dramaturge, essayiste et professeure ».

 

 

Aron Atabek est un poète, journaliste et activiste social emprisonné depuis 2007 pour « incitation à la violence ». Il a déjà passé un tiers de sa sentence de 18 ans en détention solitaire dans des conditions extrêmement difficiles. Il a écrit plusieurs livres de poésie et de prose et fut le fondateur, en 1992, du journal mensuel Khak (La Vérité). Atabek, maintenant âgé de 62 ans, a reçu en 2004 le prix littéraire Almas Kylysh et, en 2010, le prix « liberté de créer » de la Fondation Richard F. Chandler.

(Amnistie internationale et PEN International)