2002 : DÉDICACE DU LIVRE, CATALINA
   

Cher Geoffrey Nyarota,

Cher collègue,

Le journaliste qu'on enferme continue d'être un témoin.

Je suis, comme journaliste, témoin de votre silence.

Les murs de votre prison nous condamnent tous à hurler encore plus fort le mot « liberté ».

Votre silence deviendra de plus en plus insupportable aux oreilles de ceux qui refusent de voir la vérité.

Bon courage. Vous n'êtes pas seul.

Gilles Gougeon




    Gilles Gougeon     Geoffrey Nyarota (Zimbabwe)
 
 


Dès les années 60, Gilles Gougeon commence à travailler dans les médias, passant de la presse écrite à la radio puis à la télévision. Il a été le premier journaliste-animateur de Radio-Québec, en 1968. Pendant plus de vingt ans, il a travaillé comme reporter international. Il a également enseigné le journalisme télévisé au Québec et en Afrique. Depuis 1995, il anime l'émission « La Facture » à la télévision de Radio-Canada. Ses romans sont inspirés de ses nombreux voyages à travers le monde.

Principales publications :
CATALINA, Montréal : Libre Expression, 2002.
TAXI POUR LA LIBERTÉ, Montréal : Libre Expression, 1999.

 

 


Geoffrey Nyarota est l'un des premiers journalistes noirs du Zimbabwe. Depuis le début des années 1980 il a écrit dans différents journaux, a enseigné, et a finalement fondé en 1999 l'organe de presse le Daily News, seul quotidien indépendant du Zimbabwe. La vocation critique de son journal lui a valu, depuis sa fondation, un harcèlement continu de la part des forces de police zimbabwéennes. Il a notamment reçu des menaces de mort et les bureaux de son quotidien furent deux fois la cible d'attentats à la bombe, en avril 2000 et en janvier 2001.

Plusieurs fois arrêté sous différents prétextes, Geoffrey Nyarota était, aux dernières nouvelles, l'objet de quatre procès en diffamation suite à ses dénonciations de la corruption de hauts fonctionnaires et à ses appels au respect des droits de l'homme. Il a récemment été inculpé de "publication de fausses nouvelles" et "d'abus du privilège journalistique" et s'expose, en vertu de la loi sur la sécurité et l'ordre public, à une peine de cinq ans de prison. On lui reproche d'avoir publié des articles dénonçant les incohérences et les manquements du greffier principal de la dernière élection présidentielle, Tobaiwa Mudede.

Geoffrey Nyarota est récipiendaire du prix mondial de la Liberté de la Presse UNESCO/Guillermo Cano 2002.