2013 : DÉDICACE de Karoline Georges pour Dolma Kyab (Tibet)
   

 

Cher Dolma Kyab,

Voici une fiction qui met en scène un peuple séquestré à perpétuité dans un édifice sans ouverture sur l’extérieur, mais dont le personnage central trouvera une issue, pour l’avoir cherchée de tout son être.

Recevez ce roman en témoignage de ma solidarité, pour qu’entre tous les murs de toutes les cellules du monde persiste un espoir plus puissant que cet étau qui tente d’oppresser la liberté d’expression, celle qui dénonce les abominations, celle qui révèle des possibles inédits, celle qui raconte d’où nous venons afin de préparer le devenir de l’être, dans toute sa complexité.

Pour que l’écriture puisse libérer une conscience plus vaste jusqu’à ce qu’advienne une compréhension nouvelle entre tous les êtres; pour qu’aucune chaîne ne vienne à bout du désir de connaissance et du devoir de mémoire.

Et je vous souhaite la liberté, et le désir d’écrire, encore.

Que votre œuvre trouve à résonner par-delà le silence qu’on lui impose.

Karoline Georges

 





 
  Karoline Georges
(Québec)
    Dolma Kyab
(Tibet)
 
 

© Yannick Forest


Karoline Georges est l’auteure de cinq titres, dont La Mue de l’hermaphrodite (Leméac / Éditions ère, Paris), Ataraxie (L’Effet pourpre) et Sous béton (Alto), un roman finaliste au Prix des libraires du Québec 2012. Ses recherches multidisciplinaires, présentées lors de multiples événements internationaux, se déclinent sous différentes formes d’interventions, de l’installation sonore urbaine à la modélisation 3D en passant par la photographie virtuelle. Elle est récipiendaire du Prix Relève du Conseil Montérégien de la Culture et des Communications et du Prix à la création artistique en Montérégie du Conseil des arts et des lettres du Québec en 2012.

 




Écrivain et professeur d’histoire de 36 ans, il est emprisonné depuis 2005 pour avoir rédigé en chinois un manuscrit (non publié) sur la démocratie, la souveraineté du Tibet, le Tibet sous le communisme, le colonialisme, la religion et les croyances; il a aussi commencé un livre sur la géographie du Tibet, répertoriant les installations militaires chinoises. Il souffre de tuberculose. Il a été condamné en 2005 à 10 ans de prison pour « mise en danger de la sécurité de l’État ». Il a reçu en 2012 le prix « Liu Xiaobo du courage d’écrire » décerné par le Centre PEN chinois indépendant.