2007 : DÉDICACE DU LIVRE, Chercher le vent
   

À Michel Kilo,

Au moment de prendre la plume, jamais je ne m'inquiète pour ma sécurité, ma liberté ou ma vie. J'aime penser que je la prendrais tout de même, cette plume, mais je crois que c'est un mensonge.

Vous adressant ces lignes, les mots me paraissent bien dérisoires. Et pourtant. Pourtant ils ne peuvent l'être autant que je le dis, à voir combien les vôtres font rager les barbares. Déjà, ces mots les font trembler; bientôt, peut-être, ils les feront tomber. Et ça, j'aime penser que ce n'est pas un mensonge.

Mon admiration, mes amitiés,
Guillaume Vigneault




    Guillaume Vigneault     Michel Kilo (Syrie)
 
 


Guillaume Vigneault, après avoir complété un baccalauréat en études littéraires à l'Université du Québec à Montréal et avoir commencé des études de maîtrise dans le même domaine, a décidé de se consacrer à sa passion, l'écriture. Barman dans un bar du Plateau Mont-Royal, il joue un peu de musique et beaucoup avec les mots. Marqué, plus jeune, par la lecture de Camus, d'Hemmingway et de Dostoïevski, il se sent aujourd'hui certaines affinités avec Jean-Paul Dubois et Philippe Djian. Son roman Chercher le vent a valu à Guillaume Vigneault, en 2002, le Prix littéraire France-Québec/Philippe-Rossillon, le Prix Ringuet de l'Académie des lettres du Québec et le Prix France-Québec/Jean-Hamelin. Il a été le porte-parole de la Journée mondiale du livre et du droit d'auteur. En 2005, il a rédigé le texte intégral de la Dictée des Amériques.

Source : www.litterature.org

 


C'est un crime en Syrie d'évoquer la composition ethnico-religieuse d'une ville. Pour avoir dérogé à cette règle, le journaliste et écrivain Michel Kilo, l'un des intellectuels syriens les plus remarquables, en prison depuis mai 2006, a été de nouveau inculpé, au motif d'avoir «provoqué des dissensions confessionnelles et d' « affaiblir le sentiment national ».

Un texte, signé par près de 300 syriens et libanais et diffusé le 11 mai à Beyrouth, appelle notamment à « respecter et à consolider la souveraineté et l'indépendance du Liban et de la Syrie ». Les défenseurs de Kilo avaient finalement obtenu sa libération. Mais le jour de sa libération, un autre tribunal, cette fois la Cour criminelle, l'a une nouvelle fois inculpé, l'empêchant de sortir de prison.

Michel Kilo, 57 ans, dirige le centre de défense de la presse Hourriyat et est l'un des fondateurs d'un groupe appelé Réveil de la société civile. Ce que lui reproche la Cour criminelle, c'est un article paru dans le quotidien libanais An-Nahar dans lequel il montrait que la composition ethnico-religieuse de la ville de Lattaquié (Nord-Ouest du pays) avait changé, que les alaouites, qui concentrent entre leurs mains l'essentiel du pouvoir en Syrie, y étaient à présent majoritaires alors que la cité était traditionnellement sunnite et chrétienne.

Source : Extraits pris d'un article de Jean-Pierre PERRIN (jeudi 9 novembre 2006), «Libération» Amnistie internationale