2001 : DÉDICACE DU LIVRE, HIER
   

À Spôjmaï Zariâb,

Pour vous qui savez ce qui arrive au coeur quand la mémoire oblige à refaire le trajet qui va du pays vivant au pays en ruines. Pour vous qui rêvez de revoir au grand jour le visage et la dignité des femmes de votre pays. Pour vous qui savez ce qui arrive à l'imagination quand la douleur incendie les mots, ce roman d'une écrivaine québécoise pour qui « Écrire je suis une femme est plein de conséquences ».

Avec la solidarité qui nous aide à lutter contre la violence répétée du patriarcat et de ses prisons multipliées et pour que vos pensées et vos écrits nous arrivent de la langue persane à la langue française.

Nicole Brossard




    Nicole Brossard     Spôjmaï Zariâb (Afghanistan)
 
 


Poète, Nicole Brossard est licenciée en lettres de l'Université de Montréal (1968) et bachelière en pédagogie de l'Université du Québec. Elle enseigne durant deux ans, puis choisit la carrière littéraire où elle s'implique entièrement en participant aux mouvements d'Avant-garde. Elle fonde ainsi, en 1965, la revue La Barre du Jour, dont elle devient la directrice. Elle participe au Congrès culturel de la Havane en 1968, collige le « dossier Québec » pour la revue Opus international, fait partie du comité organisateur de la Rencontre internationale des écrivains en 1975 (thème : Femme et Écriture) et assiste au Colloque de Cerisy sur la littérature québécoise (1980). Féministe engagée, elle prépare et tourne un film, « Some American Feminists » (O.N.F.), en collaboration avec Luce Guilbeault (1975-1976), elle écrit un texte de théâtre, la Nef des sorcières, elle fonde avec un groupe de femmes le journal Les Têtes de pioche en 1976 et dirige, avec Andrée Yanacopoulo, la collection « Délire » aux Éditions Parti pris. Elle participe au Festival international de la poésie à Toronto en 1975 et à la Conférence interaméricaine des femmes écrivains à Ottawa en 1978. Elle est également codirectrice de la collection « Réelles », chez Quinze éditeur (1979-1981). Depuis plusieurs années, elle a écrit pour un très grand nombre de revues dont Liberté, Lettres et Écritures, La Nouvelle Barre du jour, Sorcières, Cross Country, Fireweed et Rampike. En 1985, elle participait au premier Festival national de la poésie à Trois-Rivières et, en 1986, à la Foire internationale du livre féministe à Oslo. Durant les dernières années, elle a donné un grand nombre de lectures et de conférences à travers le monde. En 1991, elle publiait, en collaboration avec Lisette Girouard, l'Anthologie de la poésie des femmes au Québec, un outil de référence indispensable.

Nicole Brossard a été membre du premier bureau de direction de l'Union des écrivaines et des écrivains québécois. Elle a reçu plusieurs récompenses, dont le Prix du Gouverneur général qui lui a été attribué deux fois : en 1974 pour Mécanique jongleuse et en 1984 pour Double impression. Elle a aussi obtenu, en 1989, le Grand Prix du festival international de la Poésie pour Installations et À tout regard, puis le Prix Athanase-David en 1991 pour l'ensemble de son oeuvre. Elle a été reçue à l'Académie des lettres du Québec en 1994. En 1997, l'Université de Sherbrooke lui a attribué un doctorat honoris causa en lettres et communication. En 1999, elle a reçu pour une seconde fois le Grand Prix du Festival international de la poésie de Trois-Rivières pour Au présent des veines et Musée de l'os et de l'eau. En 2001, elle a été reçue à l'Académie mondiale de la poésie. En 2003, elle a obtenu le Prix W.O. Mitchell et, en 2006, le Prix Molson du Conseil des arts du Canada.

Sa démarche littéraire se place au coeur d'une conscience féministe d'Avant-garde. Son écriture est fluide, sensuelle et affectionne l'ellipse autant dans sa poésie que dans ses romans, où ses personnages ne révèlent jamais que par allusion leurs sentiments. Toute son oeuvre relève ainsi d'un univers poétique complexe, ouvert sur le monde et à la fois très intériorisé.

Source : L'Infocentre littéraire des écrivains - www.litterature.org

Pour en savoir plus

 


Écrivaine devenue symbole de résistance et figure majeure de la littérature afghane en langue persane, madame Zariâb est exilée en France depuis 1990. Provenant d'une famille cultivée et francophile, elle a fait ses études à Besançon en 1972. De retour dans son pays, elle passe son doctorat et travaille comme interprète à l'Ambassade de France et écrit. Les lois obscurantistes du régime politique afghan la contraignent à l'exil ; elle obtient son statut de réfugié politique. Elle doit attendre cinq ans que son mari, également écrivain et journaliste, puisse la rejoindre. Ses nouvelles traitent de la période turbulente de la domination soviétique de l'Afghanistan.