2005 : DÉDICACE DU LIVRE, La Fiancée de God
   

Cher Eynulla Fatullayev,

Vous êtes enfermé dans une prison où on vous oblige au silence. On croit ainsi vous enlever tout horizon, mais il vous reste celui de la conscience, celui du coeur. Tous ces mots que vous avez écrits portent une lumière qui fait partie de votre être. Les geôliers ne peuvent rien contre la souveraineté de cette liberté, qui, oeuvre de mémoire, fait fi des portes closes et des fenêtres grillagées. Le courage a plusieurs voix, et de connaître maintenant la vôtre compte pour moi : je vous imagine souvent dans ce lieu où mille petites et grandes misères vous assaillent ; et pendant tous ces jours, pendant tous ces mois, vous pratiquez le métier le plus nécessaire qui soit, celui d'espérer.

Nicole Houde




    Nicole Houde     Eynulla Fatullayev (Azerbaïdjan)
 
 


Nicole Houde est née à Saint-Fulgence en 1945. Depuis la parution de son premier livre en 1983, elle poursuit une oeuvre d'une impeccable exigence et d'une remarquable unité de ton. En 1984, elle reçoit le Prix des Jeunes Écrivains du Journal de Montréal pour La Malentendue, son premier roman ; en 1989, on lui décerne le Prix Air Canada pour L'Enfant de la batture, roman pour lequel elle était aussi finaliste au Prix Molson de l'Académie canadienne-française ; en 1991, elle est à nouveau finaliste au Prix Molson pour son roman Les Inconnus du jardin ; et en 1995, elle obtient le Prix du Gouverneur général pour son sixième roman Les Oiseaux de Saint-John Perse, roman dans lequel elle aborde avec compassion le sujet de la vieillesse. « L'écriture de Nicole Houde est une écriture où vibre une poésie discrète, attentive à la charge de rêve qui transcende les êtres et les objets les plus humbles. » Ce commentaire du jury qui lui a décerné le Prix du Gouverneur général cerne bien l'univers de cette romancière. L'oeuvre romanesque de Nicole Houde nous entraîne dans le monde marginal des laissés-pour-compte qui refusent de se résigner et persistent à croire en leur part de bonheur. Leur lucidité et leur quête d'identité créent un monde troublant où la complaisance et le mensonge n'ont pas de place.

 


De nouvelles accusations de terrorisme sont portées contre d'Eynulla Fatullayev, rédacteur en chef des quotidiens Gundelik Azerbaïdjan et Realny Azerbaïdjan.

Le 16 mai 2007, le ministère de la Sécurité nationale a ouvert une enquête afin de déterminer si le journaliste était l'auteur de crimes contre la sécurité nationale, et a ordonné son transfert vers la prison du ministère. Il est contraint de dormir sur l'armature métallique de son lit, sans couverture. Le 4 juillet, le journaliste s'est vu notifier deux accusations, la première de terrorisme et la seconde, d'incitation à la haine raciale et religieuse, lui a fait encourir une peine additionnelle de quatre ans de prison. Amnistie internationale s'oppose à ce verdict, qui fait suite à une série d'épisode visant à intimider Eynulla Fatullayev. Amnistie Internationale le considère comme un prisonnier d'opinion, emprisonné pour ses reportages critiques sur des questions politiques et des abus de prérogatives publiques.

L'article à l'origine de la condamnation pour diffamation du journaliste affirmait que les forces armées azéries partageaient avec l'armée arménienne la responsabilité de la mort de centaines de victimes civiles lors de l'attaque du village de Khojali, dans le Haut-Karabakh, en 1992. Les bureaux des deux quotidiens qu'Eynulla Fatullayev a fondés ont été placés sous scellés.

Source : Amnistie internationale