2010 : DÉDICACE de Diane-Monique Daviau à Liu Xiaobo (Chine)
   


Cher Liu Xiaobo, interdit de parole: puissent mes mots vous rejoindre là où on vous garde enfermé.

Chacun sait que pour aimer, pouvoir espérer, aider, travailler, créer des choses, améliorer et embellir le monde, il faut la liberté, celle de penser et d’exprimer ses opinions et convictions, celle d’aller et de venir à son gré, de se regrouper et de se retirer selon les criconstances, ses besoin, ses rêves, ses désaccords profonds et ses désirs profonds. Chacun doit avoir cette liberté. Sans cela, il n’y a plus d’humanité.

L’emprisonnement qui vous prive de vos droits et libertés me révolte et m’attriste. Je ne sais pas si je serais en mesure de supporter bien longtemps d’être tenue à l’écart du monde, privée de ce qui fait ma vie. J’ose espérer que je serais capable, au nom des valeurs auxquelles je crois et des  convictions qui sont les miennes, d’accepter l’injustice et de tolérer les souffrances liées au fait d’être coupée des êtres et des choses que j’aime. Mais je n’en suis pas certaine du tout.

Cher Liu Xiaobo, j’admire votre force et votre courage et je fais le voeu que vous retrouviez au plus tôt votre liberté de movement et d’action, que vous retrouviez votre famille et les bonheurs quotidiens de partager, de travailler à ce qui vous tient à coeur, d’écrire et de lire ce que bon vous semble.

En ce moment, je lis des textes de vous traduits en français, en allemand, en anglais. J’aimerais connaître le chinois pour vous lire dans votre langue.

Je pensé à vous et je vous – je nous souhaite – qu’on ouvre au plus vite la porte de la cage où l’on vous a enfermé «pour subversión du pouvoir de l’État». Parce que c’est de la folie que d’essayer d’empêcher quelqu’un de penser, d’avoir des convictions et de les exprimer.

En toute solidarieté et avec affection,

Diane-Monique Daviau, en juin 2010 à Montreal – où j’aimerais vous accueillir un jour






 
  Diane-Monique Daviau (Québec)    

Liu Xiaobo
(Chine)

 
 


Nouvelliste et romancière, Diane-Monique Daviau a commencé à publier dans les années 70, tout en poursuivant des études en Lettres allemandes.

Depuis ce temps, elle a œuvré dans divers secteurs culturels : elle a signé des chroniques littéraires pour Le Devoir, Lettres québécoises, Liberté, de même que pour les émissions En toutes lettres, Littératures actuelles et Paysages littéraires au réseau FM de Radio-Canada. Elle a enseigné la littérature, la langue allemande et la traduction. Elle travaille encore aujourd’hui pour plusieurs maisons d'édition québécoises, traduit de l’allemand au français et travaille à l’occasion pour le cinéma et le théâtre à titre de consultante

Depuis 1979, elle a participé régulièrement à des Salons du livre, des lectures publiques, des rencontres et des conférences/tables rondes. Elle se rend régulièrement dans les écoles, les collèges, les lycées et les universités pour parler du métier d'écrivain ou pour animer des ateliers d'écriture, à l’étranger comme au Québec.

En nomination en 1980 pour le 16e Grand Prix littéraire de la Ville de Montréal avec son premier livre, Dessins à la plume, Diane-Monique Daviau a été à nouveau en nomination en 1999, avec Ma mère et Gainsbourg, pour le Grand Prix du livre de Montréal 1999. Son livre fut également finaliste au Grand Prix des lectrices Elle Québec 2000. Diane-Monique Daviau a reçu le deuxième prix du Concours de nouvelles de Radio-Canada en 1988 pour Au Logis du Cheval d’Or.

Elle travaille présentement à un roman.

 

 
Prix Nobel de la paix 2010
Le Prix Nobel de la paix attribué à Liu Xiaobo met les projecteurs sur les violations des droits humains en Chine

Écrivain et militant des droits de l’homme Il est une figure critique du régime communiste et une figure emblématique du Mouvement démocratique de Tiananmen, en 1989. Il a notamment écrit The Monologue of a Doomsday's Survivor. Après avoir perdu le droit de s’exprimer et de publier en Chine, constamment surveillé pour ce qu’il disait dans les médias étrangers, placé en résidence surveillée, envoyé en camp de rééducation par le travail, il est arrêté en décembre 2008 pour « incitation à la subversion du pouvoir de l’État ». Son crime? Avoir signé la Charte 2008, un texte qui exhorte au respect des droits de l'homme et de la liberté d'expression et à l'instauration d'élections pour un pays libre, démocratique et constitutionnel. Le 25 décembre 2009, il a été condamné à onze ans de prison.