2006 : DÉDICACE DU LIVRE, Une histoire américaine
   

Cher Sakit Mirza Zakhinov, Vous habitez si loin du Québec que même votre nom nous semble difficile à prononcer. Or les autorités, qui n'ont jamais le sens de l'humour, vous ont interpellé au motif que vous pratiquez la satire ! J'ai été touché d'apprendre que votre journal d'opposition se nommait Azadlig, Liberté. C'est le même titre que nous avions donné à une revue fondée à Montréal en 1959. Permettez-moi de vous offrir, pour votre délit d'opinion, un roman situé en Californie. Ce coin de l'Amérique peut vous sembler paradisiaque, et pourtant sachez qu'on y met parfois aussi des gens en prison, sous de faux prétextes. Bon courage. Je vous souhaite, avec mes camarades écrivains, de retrouver rapidement la liberté dont tous les peuples ont besoin.

Fraternellement, Jacques Godbout



    Jacques Godbout     Sakit Mirza Zakhidov (Azerbaïdjan)
 
 


Romancier, journaliste, cinéaste, essayiste, dramaturge et poète, Jacques Godbout obtient une maîtrise ès arts de l'Université de Montréal en 1954. Il se rend ensuite en Éthiopie où il enseigne le français pendant trois ans à l'Université d'Addis-Abéba. À son retour en 1958, il devient publicitaire, avant d'entrer à l'Office national du film à titre de cinéaste-scénariste. Il y écrit et réalise de nombreux courts métrages, ainsi que quelques longs métrages (Kid Sentiment, La Gammick, IXE-13, YUL 871, Derrière l'image). La plupart de ses films ont remporté des prix dans différents festivals internationaux. Depuis 1987, il est éditeur et membre du conseil d'administration des Éditions du Boréal.

Jacques Godbout est également journaliste. Il a travaillé à Radio-Canada, où il fut animateur et il a collaboré à un grand nombre de revues et de journaux dont L'Actualité, Les Nouvelles Littéraires, Maclean's, Lettres françaises, L'Actualité, Le Jour, Cité libre, Parti pris, Vie des arts et Le Devoir. En 1959, il a participé à la fondation de la revue Liberté, en 1960, à la fondation du Mouvement laïque de langue française et, en 1968, à celle du Mouvement Souveraineté-Association, qui devait ultérieurement donner naissance au Parti québécois. Jacques Godbout a été l'un des fondateurs et le premier président de l'Union des écrivaines et des écrivains québécois.

Son oeuvre littéraire est importante et plusieurs de ses romans ont obtenu de nombreux prix : le Prix Québec-Paris 1962, pour L'Aquarium; le Prix du Gouverneur général du Canada, en 1967, pour Salut Galarneau !; le Prix Dupau de l'Académie française en 1973 pour D'Amour, P.Q.; le Prix Duvernay 1973, le Prix Canada-Belgique 1978 et le Prix Athanase-David, en 1985, pour l'ensemble de son oeuvre.

L'engagement politique de Jacques Godbout, semble coïncider avec sa grande verve, où littérature et disciplines sociopolitiques se greffent sans cesse les unes aux autres, avec humour et lucidité.

Source : L'Infocentre littéraire des écrivains - www.litterature.org

Pour en savoir plus

 


Sakit Mirza Zakhidov, journaliste et satiriste connu du journal d'opposition Azadlig (Liberté), a été arrêté le 23 juin par des agents du service antidrogue du ministère de l'Intérieur. Selon eux, il était en possession de 10 grammes d'héroïne. Sakit Zakhidov est actuellement en détention provisoire au poste de police régional de Nasimi, à Bakou, la capitale du pays. S'il est déclaré coupable de détention de stupéfiants destinés à la vente ou à la distribution, il risque d'être condamné à une peine de trois à sept ans d'emprisonnement et de subir, en prison, des tortures ou d'autres mauvais traitements.

Qanimat Zakhidov, directeur de la publication d'Azadlig, et d'autres éminents journalistes travaillant pour des médias de l'opposition pensent que la drogue a été cachée sur Sakit Zakhidov et que son arrestation est une manoeuvre politique pour le réduire au silence.

Au cours des dix-huit derniers mois, les violences, actes d'intimidation et arrestations arbitraires visant des journalistes de l'opposition ont fortement augmenté en Azerbaïdjan. Certains ont été attaqués ou harcelés par des responsables de l'application des lois tandis qu'ils couvraient des rassemblements politiques de l'opposition ou après avoir publié des articles faisant état de corruption au sein du gouvernement ou des institutions militaires. D'autres ont été enlevés, battus, voire tués par des individus non identifiés.

Au cours de la période précédant les élections législatives de novembre 2005, des organisations internationales comme Article 19 et le Committee to Protect Journalists (CPJ) ont dénoncé les tentatives du gouvernement de brider la liberté d'expression. Des exemplaires de journaux d'opposition tels qu'Azadlig ont été saisis, et certains membres de leur personnel arrêtés. Cette escalade de la violence et des actes d'intimidation visant des journalistes d'opposition a eu de lourdes répercussions sur la liberté d'expression en Azerbaïdjan, d'autant plus qu'aucune enquête approfondie, efficace et indépendante n'a été menée.

Source : Amnistie internationale