2004 : DÉDICACE DU LIVRE PETIT TESTAMENT
   

Dans le cadre de Livres comme l'air, Michèle Lalonde a dédicacé un des rares exemplaires d'une édition d'art de « Petit Testament », entièrement composée à la main par de jeunes amateurs de typographie âgés de treize à vingt ans -- dont ses propres enfants -- travaillant sur presse ancienne. (Montréal, Les Compagnons du Lion d'or éditeur, 1981). Cet exemplaire numéroté à la main (128) et orné d'un pochoir signé Anne-Marie Champagne, est dédicacé à Yang Zili, ingénieur informaticien et poète chinois.

Pour Yang Zili,
son épouse, Lu Kun,
et leurs proches, dans l'espoir que les voix personnelles
d'écrivains qui s'élèvent en diverses langues
au soutien de leur cause en justice
parviendront à leur connaissance.

Comme ce PETIT TESTAMENT le rappelle laconiquement

la censure existe sous tous les cieux
et régimes
depuis que le monde est monde
à cette grave différence près :

celle qui, encore de nos jours
et en ce nouveau millénaire
s'exerce contre la personne physique,
la bâillonne et emprisonne
au sens durement littéral de ces mots,
s'inscrit au discrédit des gouvernements
qui la pratique sur ce mode
et sert essentiellement à occulter
ce qu'ils ont pu accomplir de meilleur.

Michèle Lalonde Octobre 2004




    Michèle Lalonde     Yang Zili (Chine)
 
 


Poète, Michèle Lalonde est titulaire d'une licence en philosophie de l'Université de Montréal. De 1976 à 1980, elle est professeure d'histoire des civilisations à l'École nationale de théâtre. Elle a collaboré activement à la revue Liberté et à quelques autres publications littéraires québécoises; elle a également fait partie de l'équipe de rédaction de Maintenant. Surtout connue pour ses écrits sur la question linguistique et nationale (Panneaux-réclame, Outrage au tribunal, Destination 80, Deffence et illustration de la langue quebecquoyse), elle a aussi signé des textes radiophoniques, des commentaires de films et le scénario d'un long métrage, la Conquête, réalisé par Jacques Gagné. Michèle Lalonde a participé assidûment aux spectacles de « Chants et poèmes de la résistance », présentés au profit des prisonniers politiques québécois, à la Nuit de la poésie et à diverses manifestations du même genre au Québec et à l'étranger. Elle a notamment écrit le texte du récitatif Métaphore pour un nouveau monde, mis en musique par Bernard D. Bonnier pour un spectacle réalisé par Bernard Monnier à La Rochelle en 1980. En 1984, elle signe Âmes et navires, un poème dramatique, sur une musique de Jean Sauvageau, pour un spectacle « son et lumières » réalisé devant le Parlement de Québec dans le cadre des événements « Québec 1534-1984 ».

Michèle Lalonde a reçu le Prix Duvernay pour l'ensemble de son oeuvre en 1980. Elle a assumé la présidence de la Fédération internationale des écrivains de langue française (FIDELF) de 1982 à 1986. Le 10 novembre 1984, elle a été élue présidente de l'Union des écrivaines et des écrivains québécois, poste qu'elle occupera jusqu'en novembre 1986. En 2004, Michèle Lalonde remporte le Prix du poète au Marché francophone de la poésie.

Source : L'Infocentre littéraire des écrivains - www.litterature.org

Pour en savoir plus

 

 


Yang Zili est écrivain et ingénieur informaticien. Il a été arrêté le 13 mars 2001 et inculpé « d'incitation à la subversion de l'État et au renversement du système socialiste », ainsi que trois autres personnes, après avoir créé le Xin Qingnian Xuehui (Groupe d'étude de la nouvelle jeunesse) ; une organisation qui préconise des réformes sociales et démocratiques, notamment le développement et le respect de procédures de vote démocratiques pour l'élection des comités de villages.

Yang Zili avait créé son site Internet personnel intitulé Le Jardin d'idées de Yang Zili sur lequel il présentait des poèmes, des essais ainsi que d'autres textes. Ce site a été fermé par les autorités peu après son arrestation. Le procès s'est ouvert le 28 septembre 2001 devant le tribunal populaire intermédiaire de Pékin et a été ajourné après quatre heures d'audience pour un supplément d'information. Il a repris en avril 2003 devant le même tribunal.

Le tribunal a rendu son jugement le 28 mai 2003 et a condamné Yang Zili à huit ans d'emprisonnement, cette durée incluant le temps qu'il avait déjà passé en détention provisoire.

Les quatre condamnés ont fait appel, mais leurs recours ont été rejetés le 9 novembre 2003. Leur appel était pourtant fondé sur le fait que trois des principaux témoins à charge s'étaient rétractés depuis le procès.