2003 : DÉDICACE DU LIVRE UN PEU DE FATIGUE
   

Cher collègue,

Mon fils et la femme que j'aime vaquent à leurs occupations tout près. Ils sont à ma portée, je peux glisser une main dans leur chevelure, je peux les observer tendrement à leur insu.

Et si je sors de la maison, je marche dans un pays libre.

Malgré cela, j'écris. Parce qu'écrire consiste à défricher de nouveaux territoires, à crever le paysage pour étendre davantage le lieu de la liberté.

Je voudrais qu'à nous tous, nous arrivions un jour à dégager définitivement cet espace qui manque tant, partout autour de nous, qui étouffe les idées comme les rapports humains et qui empêche trop souvent les gens qu'on aime de se réaliser pleinement.

Voici donc un mètre ou deux de liberté dans cet extraordinaire travail de défrichage qui reste encore à faire. C'est avec Beaucoup d'Humilité et de compassion que je vous l'offre.

Stéphane Bourguignon Montréal 2003




    Stéphane Bourguignon     Mzwakhe Mbuli (Afrique du Sud)
 
 


Romancier, Stéphane Bourguignon est scénariste de formation et scripteur humoriste de métier. Il a enseigné à l'École nationale de l'humour de 1991 à 1993. Il a aussi collaboré avec des humoristes comme Patrick Huard, Marie-Lise Pilote et Michel Courtemanche . Son premier roman, L'Avaleur de sable, a été salué par la critique en 1993. Son deuxième roman, Le principe du Geyser, fait présentement l'objet d'une adaptation cinématographique.

Source : L'Infocentre littéraire des écrivains - www.litterature.org

Pour en svoir plus

 


Poète, chansonnier et musicien, Mbuli a été condamné à 18 années de prison depuis octobre 1997. On l'a accusé d'avoir participé à un holdup de banque, armé d'un fusil et d'une grenade. Ces accusations sont repoussées par Mbuli en raison de ses dénonciations de la corruption et de l'injustice, et en rapport avec sa participation à une campagne contre le trafic de stupéfiants impliquant des membres de la Police de l'Afrique du Sud. Ses amis soutiennent que Mbuli a été condamné sur des preuves purement circonstancielles et entachées d'irrégularités comme la prétention qu'il aurait été présent sur la scène du crime. On l'aurait amené au tribunal sans lui dire qu'il devait subir un procès, ni être accompagné d'un avocat pour sa défense. Il a bien sûr logé appel de sa sentence, mais pour apprendre que de nouvelles charges seraient retenues contre lui. L'appel a été rejeté le 10 novembre. Un tribunal supérieur l'a innocenté en ce qui concerne la possession d'une grenade ; on a maintenu la charge de participation au cambriolage pour laquelle il a été condamné à 13 années dont trois avec sursis. Il en appelé à la cour Suprême du pays.