2001 : DÉDICACE DU LIVRE, LE PAVILLON DES MIROIRS
   

Pardonnez-moi la sécheresse de cette dédicace, mais cela a toujours été mon habitude : je n'ai jamais su formuler l'apparence de sentiments ou des écrits de circonstance. C'est que je trouve très important l'usage de la parole, surtout en m'adressant à quelqu'un qui souffre à cause de l'exercice de sa liberté de parole.

Je vous offre mon livre dans sa traduction portugaise; j'écris en français et je ne suis jamais retourné au Brésil. J'espère que vous y trouverez des choses intéressantes ou -si cela peut vous être d'un quelconque réconfort- le souvenir que les tyrans passent, tandis que la parole de l'homme libre continue à attiser d'autres révoltes.

Recevez mon accolade, et bonne chance!

Sergio Kokis Montréal (Canada)




    Sergio Kokis     Rafael Marques (Angola)
 
 


Romancier et peintre, Sergio Kokis connaît une enfance plutôt tumultueuse qui le conduira dès l'âge de neuf ans en institution de redressement pour cause de vagabondage. Il poursuit cependant ses études et fréquente l'École des beaux-arts de Rio, avant de s'inscrire en philosophie. À partir de 1963, il participe à diverses activités politiques clandestines ainsi qu'à des mouvements paramilitaires contre la dictature; il est alors arrêté et jugé par l'État militaire qui l'accuse de « crimes contre la sécurité nationale ». Il obtient une licence de philosophie en 1966 et une bourse d'études en France grâce à laquelle il quitte discrètement le Brésil pour l'Europe où il complète une maîtrise en psychologie à l'Université de Strasbourg en 1969. Il immigre au Canada en 1969 et est engagé comme psychologue à l'hôpital psychiatrique de Gaspé. En 1970, il déménage à Montréal et devient docteur en psychologie clinique de l'Université de Montréal (1973), puis il enseigne au département de psychologie de l'Université du Québec à Montréal. Depuis 1975, il est psychologue à temps partiel à l'Hôpital Sainte-Justine. À partir de 1973, il étudie à la School of Art and Design du Musée des Beaux Arts de Montréal et au Centre Saidye Bronfman de Montréal. Il se consacre, uniquement à la peinture et à l'écriture, depuis mai 1997.

Avec Le Pavillon des miroirs, Sergio Kokis a reçu le Prix Molson de l'Académie des lettres du Québec (1994), le Grand Prix du livre de Montréal (1994), le Prix Québec-Paris (1995) et le Prix Desjardins du Salon du livre de Québec (1995). En 2006, il se mérite le prix France-Québec, catégorie prix des lecteurs, pour le roman La gare.

L'écriture de Sergio Kokis procède à partir d'images riches, sonores et colorées; elles mettent en relief des univers contrastés qui se superposent et s'affrontent, comme la mort, par exemple, liée à une violence minutieusement décrite et confrontée à l'enfance.

Source : L'Infocentre littéraire des écrivains - www.litterature.org

Pour en savoir plus

 


Journaliste et poète, Rafael Marques a été arrêté chez lui à Luanda, capitale de l'Angola, le 16 octobre 1999. Après avoir été détenu secrètement pendant dix jours, au nom desquels il entame une grève de la faim, on l'accuse finalement de « diffamation du président » pour son article « Le rouge à lèvres du Président », où il affirme que le président Dos Santos était « responsable de la destruction du pays et de la promotion de la corruption ». En mars 2000, il est condamné à une peine de six mois de prison, avec sursis de cinq ans. Le 27 octobre 2000, la Cour suprême confirmait le jugement rendu contre Marques pour « abus de presse », réduisant son amende à 50 000 kwanzas (environ 3 760 $ US) y ajoutant toutefois une amende supplémentaire d'environ 700 $ US pour frais judiciaires. Il lui était également interdit de parler de l'affaire en public ou de publier ses oeuvres pendant cinq ans. On lui interdit aussi de quitter le pays, bien qu'il soit actif au sein d'une organisation humanitaire.