2011 : DÉDICACE de Francine Allard pour Ran Yunfei (Chine)
   

 

« Jamais les Hommes n’ont-ils été autant capables de communiquer; jamais n’ont-ils été autant prisonniers des mots ».

Jumelage veut dire : assemblage de deux personnes. Vous et moi, pareillement écrivains. Vous et moi qui questionnons nos congénères et nos dirigeants. Moi, dans la plus grande des libertés. Vous, dans le plus pénible écho du silence. Moi, libre comme l’air. Vous, emmuré par la dureté du pouvoir. Deux écrivains qui chérissent les mots, pourtant.

Lu Xun a écrit : « L’espérance n’est ni réalité, ni chimère. Elle est comme les chemins de terre. Sur la terre, il n’y avait pas de chemins : ils se sont faits par le grand nombre de passants. » in Kin Yn Yu. 

Marchons alors main dans la main pour faire naître l’espérance. Vous et moi et nos deux nations. Merci, monsieur Ran, de m’avoir permis de remarquer votre présence.

Francine Allard, écrivaine libre du Québec et non du Québec libre.





 
  Francine Allard
(Québec)
    Ran Yunfei
(Chine)
 
 

© Photo de André Côté

Écrivaine québécoise
Francine Allard a écrit poésie, textes dramatiques, correspondance, essais et romans pour lectorats de tous âges, plus de cinquante ouvrages en vingt ans; elle a publié plus de mille chroniques sur le Matinternet, Branchez-vous ! et Vigile. En 2011, elle a été invitée en Bourgogne et au Salon du livre de Paris où sa trilogie d'époque La Couturière a connu un grand succès. Elle est aussi comédienne, interprète de poésie et aquarelliste.

 


Ran Yunfei est un écrivain chinois critique littéraire, universitaire; son blog peut être consulté sur à cette adresse et sur Twitter. Le 19 février 2011 la police l’a arrêté, à Chengdu lors de la vague de détentions visant à prévenir une « révolution du jasmin », il est accusé avec d'autres blogueurs d'incitation à la subversion du pouvoir de l'Etat. Après six mois d'incarcération, il a été libéré mais assigné à résidence pour six autres mois, durant lesquels il est interdit de s'exprimer publiquement.

Il a écrit sur son blog, peu avant son arrestation: « Dans un pays libre, je passerais ma vie à faire des recherches dans une bibliothèque – mais je suis né à un endroit où on ne peut pas vivre paisiblement ainsi.Il n'y a pas de solution.Si je n'exprimais pas mes critiques de notre désastreuse réalité sociale, mon âme ne serait pas tranquille.J'aurais mauvaise conscience. »

Source : Amnistie internationale