2007 : DÉDICACE DU LIVRE, Mal élevé
   

Il est toujours plus facile de se taire. Même au Québec, alors que la liberté d'opinion est donnée à tous, on préfère parfois le silence, par peur de déranger, de froisser les gens ou simplement pour éviter de déplaire à la majorité. Et, pourtant, derrière chaque personne qui ose remettre en question l'ordre établi, il y a une minorité silencieuse qui retrouve enfin sa voix.

Vous êtes devenu, sans doute malgré vous, un symbole de la liberté de parole, pas seulement dans le Vietnam communiste mais partout dans le monde. Je sais que les emprisonnements répétés et le harcèlement dont vous êtes victime ne vous arrêteront pas de revendiquer le droit à la liberté d'opinion, et les risques que vous prenez pour défendre cette cause vous honorent. Je vous remercie de m'avoir fait réaliser que, de tout temps, le silence n'aura jamais fait avancer les choses.

Stéphane Dompierre




    Stéphane Dompierre     Nguyen Van Ly (Viêtnam)
 
 


Stéphane Dompierre, issu d'une famille de classe moyenne, un «bum de bonne famille», passe constamment pour un voyou auprès de ses amis bourgeois, et pour un intellectuel auprès de ses amis voyous. Démotivé par les études, il décide de les abandonner. Il s'achète des livres sur la musique et devient autodidacte. Il commence à enseigner la guitare, fait des critiques de disques à la radio universitaire et joue dans des groupes rock, punk, jazz, blues et funk. Dans sa dizaine de cahiers bourrés de paroles de chansons s'empilent des idées, des situations, des ambiances qui ne se prêtent pas au format standard du «tout doit être dit en trois minutes et demie». Une rupture l'amènera à s'enfermer chez lui et à rassembler ses notes. Sans télé, sans ordinateur, sans lit, bref, avec rien d'autre qu'une machine à espresso, il passera ses nuits à peaufiner ce qui deviendra, deux ans plus tard, son premier roman.

Observateur impitoyable, aussi cynique que tendre, aussi drôle que cinglant, il sait comme nul autre raconter les hommes de sa génération, avec leurs pulsions et leurs remises en question. Toujours vive et intelligente, son écriture allie profondeur et autodérision. Il est récipiendaire du Grand prix de la relève littéraire Archambault 2005 pour son premier roman, Un petit pas pour l'homme.


 


Le père Nguyen Van Ly, un prêtre catholique de soixante ans qui avait aidé à la mise en ligne sur Internet d'une pétition en faveur d'un changement démocratique, a été condamné le 30 mars 2007 à huit années d'emprisonnement pour « propagande hostile » contre l'État.

Cette condamnation signifie que le père Ly sera un prisonnier d'opinion pour la quatrième fois en vingt ans. Elle est le signe d'une répression accrue à l'encontre des dissidents par les autorités vietnamiennes, qui s'est intensifiée depuis que s'est tenu, à Hanoï, le sommet de l'APEC en novembre 2006. Le père Ly avait été jumelé à Fulvio Caccia dans le cadre de l'édition 2004 de « Livres comme l'Air ».

Le père Ly a déjà passé une quinzaine d'années en prison pour avoir critiqué de façon pacifique la politique menée par le gouvernement en matière de religion et pour avoir réclamé un plus grand respect des droits humains, dès la fin des années 70.

Il est membre fondateur du Bloc 8406, à l'origine de la pétition en ligne (avril 2006) signée par 118 militants de la démocratie, en faveur d'un changement politique pacifique et du respect des droits humains au Vietnam. Les autorités vietnamiennes ont graduellement intensifié la répression à l'égard des opposants au régime, multipliant les interpellations et actes de harcèlement.

Source : Amnistie internationale