2003 : DÉDICACE DU LIVRE LETTRE À UNE FEMME AFGHANE
   

À toi, Amir Abbas, être d'amour et de conscience,

qui refuses de négocier l'espoir et d'abdiquer le droit de penser et de dire devant la peur, qui défies la mort pour que chaque Iranien et chaque Iranienne se voit restituer son droit de vivre en être libre et responsable.

Sans te connaître, je te reconnais et je t'aime,

Ta jumelle québécoise,

Colette Beauchamp Montréal, le 15 novembre 2003




    Colette Beauchamp     Abbas Fakhravar (Iran)
 
 


Journaliste et écrivaine, Colette Beauchamp a été membre-fondatrice et membre du conseil d'administration de la Fédération des femmes du Québec de 1964 à 1968 et du Regroupement des femmes québécoise de 1977 à 1980. Elle a été membre en 1981 du comité d'organisation du colloque Les femmes et l'information de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec. Son second roman, Judith Jasmin. De feu et de flamme, lui vaut un titre de finaliste du Grand Prix du Livre de Montréal. Ce best-seller a remporté le Prix Victor-Barbeau 1993, le Prix de l'essai de l'Académie des lettres du Québec, et le prix Maxime-Raymond 1992 de l'Institut d'histoire de l'Amérique française pour la meilleure biographie historique parue au cours des trois années précédentes.

 

 


Ce journaliste et écrivain contribuant à deux quotidiens réformistes Mosharekat et Khordad, et de plus étudiant en médecine, a été arrêté le 10 novembre 2002 et condamné à huit années de prison pour sa critique de la haute direction du pays dans son livre Inja Chah Nist (Ce lieu n'est pas un fossé). Ce livre a été choisi parmi les concourants les plus méritoires du Prix littéraire Paulo Coelho. Au terme d'un congé de la prison Evin, il a été convoqué à la cour pour son appel devant être entendu le 18 mars 2003. On ne lui permit pas de se faire accompagner par les deux avocats qui l'avaient secondé précédemment. À la suite d'une incartade avec le juge, il a été battu sur le champ au tribunal avant de subir un transfert dans une autre prison. On croit que cette leçon était due à la lettre ouverte qu'il avait publiée le 4 février 2003, lettre dans laquelle il critiquait le gouvernement iranien et réclamait la tenue d'un référendum sur l'avenir du gouvernement. Détenu désormais à la prison de Qasr, il a été privé de soins médicaux en raison des mauvaises blessures subies au tribunal, dont vraisemblablement une fracture à une jambe et la persistance d'un problème à un pied. Fakhravar est de plus entouré de prisonniers de droit commun qui n'ont pas manqué de l'attaquer à plusieurs reprises. Sa soeur et son beau-frère ont été arrêtés le 17 juin 2003 pour avoir révélé à des journalistes les conditions de sa détention.