2011 : DÉDICACE de Diane Regimbald pour Maikel Nabil Sanad (Égypte)
   


'Dédicace à Maikel Nabil Sanad, premier prisonnier de conscience depuis la révolution égyptienne.

J’entends votre révolte, cher Maikel Nabil Sanad, je l’entends en ce moment historique où les pas collectifs des Égyptiens vers une libération de votre pays ont réussi à défaire le régime totalitaire dans lequel vous viviez depuis tant d’années. Mais, parmi ces pas, il y a ceux du pouvoir militaire qui demeurent et qui cadencent la censure et la violence. Quel paradoxe pour la liberté ! Vous en êtes jeune victime et vous me touchez profondément de ne pas vouloir vous taire et de vouloir dénoncer par votre blogue les abus de pouvoir qui persistent. Votre résistance est grande et vous honore. Gardez ce feu qui vous tient en vie, qui vous dicte une passion juste pour la justice et les droits humains afin que soit libérée la parole, votre parole. De tout cœur, je souhaite que vous soyez libéré de prison, que votre grève de la faim ne vous emporte pas vers la mort mais vers votre libération afin que vous puissiez poursuivre votre travail d’écriture et de transmission d’une pensée ouverte sur un monde tant souhaité de paix.

Bien à vous,

Diane Régimbald
Montréal, le 27 septembre 2011





 
  Diane Regimbald
(Québec)
    Maikel Nabil Sanad
(Égypte)
 
 

© Photo de Dominique Malaterre

Écrivaine québécoise
Diane Régimbald s’intéresse aux questions de l’altérité, de l’errance, de l’exil intérieur, de la mémoire aussi en regard de l’axe identitaire des lieux et des corps. Elle a publié quatre recueils de poésie aux éditions du Noroît, La seconde venue (1993), Pierres de passage (2003), Des cendres des corps (2007) et Pas (2009). Elle a collaboré à diverses revues et a participé à diverses manifestations littéraires au Québec et à l’étranger. Elle a réalisé des résidences d’écriture à Amsterdam (2006) et à Amay en Belgique (2010). Certains de ces textes sont traduits en catalan et en espagnol.

 


Maikel Nabil Sanad, 25 ans, est un objecteur de conscience et blogueur égyptien condamné le 11 avril 2011, à trois ans de prison pour « insulte à l’institution militaire », « publication de fausses nouvelles » et « troubles à l’ordre public ».  Il avait publié un rapport qui remettait en cause l’apparente neutralité de l’armée lors des manifestations de janvier et février 2011. Il est le premier prisonnier d’opinion depuis la chute du pouvoir de Moubarak. 

Il a étudié aux États-Unis en 2008 et en a rapporté un grand respect pour les activistes qui protestaient, dans les années '60, contre la guerre au VietNam. Il condamne l'appui que donnent les États-Unis à l'institution militaire égyptienne tout en proclamant le droit d'Israël d'exister.  Il affirme que sa lutte est contre la guerre, contre le racisme, contre le militarisme, contre l'anti-sémistisme et contre les violations des droits de la personne.

Source : Amnistie internationale