2008 : DÉDICACE du livre d’Anne-Marie Aubin pour Slim Boukdhir (Tunisie)
   

À Slim Boukdhir,

Voici un livre publié il y a un certain temps, à propos d’une femme que j’admire depuis longtemps et qui m’accompagne comme un modèle dans ma vie.

Toute jeune, Henriette Dessaulles a eu recours à l’écriture de son journal intime pour dénoncer, exiger, expliquer sa quête d’autonomie et de liberté.

Cette auteure, conteuse, journaliste, signera ses textes d’un pseudonyme comme les femmes devaient le faire ici au Québec au début du XXe siècle. Sa détermination, son courage et sa témérité ont tracé la voie et permis aux Québécoises contemporaines d’écrire librement. J’espère que son parcours vous donnera le courage nécessaire pour poursuivre votre démarche.

Solidairement
Anne-Marie Aubin

Je me sens très libre […] ayant en moi tout ce qu’il faut pour braver toutes les autorités possibles et impossibles, sages et déraisonnables. 29 juillet 1877, journal d’Henriette Dessaulles.





    Anne-Marie Aubin    

Slim Boukhdhir (Tunisie)

Libérée le 21 juillet 2008

 
 


(Saint-Jean-sur-Richelieu, le 27 juillet 1956). Conteuse, animatrice d’ateliers littéraires et professeure de littérature au niveau collégial et à l’université. Étudiante en lettres en 1974 au Cégep de Saint-Jean-sur-Richelieu, elle s’inscrit en études littéraires, en 1975, à l'Université de Haute-Bretagne à Rennes, en France, puis à l'Université de Montréal, de 1977 à 1980, où elle obtient un baccalauréat spécialisé en Études françaises. En 1997, elle obtient une Maîtrise en littérature, son mémoire porte sur la modernisation du personnage de la fée. Elle entreprend en 2004 un doctorat en création à l’Université de Sherbrooke. Passionnée par l’oralité, l’auteure est tombée, très jeune, dans la marmite des contes : son arrière-grand-père contait dans les veillées, son grand-père contait dans les tramways à Montréal, son père contait en privé… Aussi Anne-Marie Aubin raconte-t-elle depuis qu’elle sait parler.

Aujourd’hui, elle partage ses histoires, ici et à l’étranger. Depuis la publication de son premier conte, en 1984, elle n’a jamais cessé de créer des histoires. En tant que directrice littéraire de collections aux Éditions Québec-Amérique (1990 à 1997) et aux éditions 400 coups (depuis 2004), elle a pu publier les plus importants auteurs jeunesse des années 90 et différents conteurs de la francophonie. En juillet 1998, elle fonde la Petite Fadette, le premier gîte d’animation littéraire pour écrivains et conteurs. Anne-Marie Aubin possède à son actif diverses publications, dont des contes pour la jeunesse, une biographie, un guide d’animation littéraire.

 


Journaliste, Slim Boukhdir est un des membres fondateurs de l’organisation tunisienne des droits humains « Liberté et Équité », une des nombreuses organisations  à laquelle on refuse le droit d’enregistrement. Il travaillait essentiellement pour des médias arabophones comme le quotidien Al Quds Al-Araby, basé à Londres, et le site Al-Arabiya.net. En mai 2007, il a signalé avoir reçu des menaces de mort à la suite d’un entretien qu'il avait accordé à al Hiwar (Dialogue), une chaîne de télévision installée à Londres, dans lequel il avait critiqué des membres de la famille du président Ben Ali.

Le 26 novembre 2007, alors qu'il se rendait de Sfax à Tunis, après une convocation pour récupérer son passeport à Khaznadar, la banlieue de Tunis où il réside, Slim Boukhdir a été arrêté. Après être comparu devant un juge à Sakiet Ezzit, quelques jours plus tard, il a été condamné à une peine d'un an d'emprisonnement pour « insulte à un fonctionnaire pendant l'accomplissement de son devoir», «atteinte à la moralité publique » et « refus de présenter sa carte d'identité ».

Pendant l'audience de Slim Boukdhir, les avocats de la défense ont fait valoir une série d'irrégularités dans les rapports de police et d'interrogatoire, demandant au tribunal de procéder à un contre-interrogatoire d'autres témoins, mais le juge a refusé. Immédiatement renvoyé à la prison de Sfax, Slim Boukdhir y a été soumis à un traitement dégradant. Atteint de la gale durant sa détention en raison de conditions d’hygiènes inhumaines, le journaliste avait entamé une grève de la faim. Il a été libéré le 21 juillet 2008.

Source : Amnistie internationale