2007 : DÉDICACE DU LIVRE, Mamadou et le fantôme de Drummondville
   

Madame, Mahboubeh Abbasgholizadeh,

Les philosophes et poètes de votre pays ont défendu, avec éloquence, les droits et libertés. Ils ont inspiré notre monde depuis des siècles. Vous militez pacifiquement, c'est pourquoi je n'hésite pas à vous manifester ma solidarité et à formuler le souhait que vous puissiez très bientôt déposer une rose au Mausolée de Saadi à Chiraz. Si vous le pouvez, ce sera en reconnaissance pour le bonheur que nous a apporté le Golestan (ou jardin des roses) et qui m'a donné, comme à d'autres, la motivation d'écrire autant pour les adultes que pour les enfants.

Mes pensées les plus sincères vous accompagnent.

Nadia Ghalem




    Nadia Ghalem     Mahboubeh Abbasgholizadeh (Iran)
 
 


Romancière, poète et dramaturge, elle a étudié en psychologie, littérature et communication. Dans le cadre de voyages d'études, elle a visité l'Europe, l'Afrique équatoriale et du Nord ainsi que les États-Unis. Conceptrice et animatrice d'émissions littéraires et culturelles en Europe et en Afrique francophone de l'Ouest, elle a également été journaliste et scénariste pour Radio-Canada, Télé Québec et TV Ontario. Deux de ses romans ont été finalistes à des prix littéraires - Les Jardins de cristal (1981) au Prix des littératures francophones et La villa Désir (1987) au prix Guérin littérature - et elle a remporté, avec La rose des sables, le prix du CREDIF à Paris (1993). Nadia Ghalem a également obtenu plusieurs bourses du Conseil des Arts du Canada, du Conseil des arts et des lettres du Québec et du Ministère de la culture et des communications. Elle a été présidente du Regroupement des journalistes pigistes, du Prix Judith Jasmin, membre du Conseil d'administration de l'UNEQ, du PEN Club et de l'Association des écrivains québécois pour la jeunesse.

Elle a donné des communications en Louisiane, en Tunisie, en Belgique, au Québec et en Ontario. Ses domaines de recherche : Les études post coloniales, Les littératures du Maghreb, de l'Afrique sub-saharienne ainsi que la psychanalyse et l'écriture. Sans oublier la littérature jeunesse.

Source : www.litterature.org

 


Le 4 mars 2007, Mahboubeh Abbasgholizadeh a été arrêtée, avec trente-trois femmes, alors qu'elle protestait contre le procès de cinq défenseurs des droits des femmes. (Ces militantes étaient jugées pour « propagande contre le système », « activités nuisant à la sécurité nationale » et « participation à une manifestation illégale »).

Mahboubeh Abbasgholizadeh a été détenue et maintenue à l'isolement entre le 6 et le 15 mars.

Il semblerait que toutes aient été contraintes à dormir à même le sol et qu'on leur ait demandé de partager leurs couvertures pour se réchauffer. Les forces de sécurité leur auraient également bandé les yeux et les auraient interrogées pendant la nuit, les privant ainsi de sommeil.

Libérée de la prison d'Évin, le 19 mars, en échange d'une caution d'un montant de 200 millions de tomans (environ 170 000 euros), elle risque encore d'être poursuivie pour « troubles à l'ordre public » et « atteinte à la sécurité nationale ».

Mahboubeh Abbasgholizadeh est la rédactrice en chef de Zanan (« Femmes »), un magazine trimestriel pour la défense des droits des femmes. Elle a joué un rôle-clé dans la campagne « Stop Stoning Forever », qui a été lancée en septembre 2006 en vue de l'abolition définitive de la lapidation à mort en Iran.

Source : Amnistie international et RSF