2002 : DÉDICACE DU LIVRE, PÉRIPHÉRIES
   

Cher Aung Myint,

je ne connais rien pour ainsi dire de la Birmanie sinon par les dépêches des journaux, des photos, quelques documentaires. J'ai entendu votre nom pour la première fois tout récemment, alors que le Pen club m'invitait à participer à notre rencontre. Aussi vous m'excuserez de ne pas connaître ce que vous écrivez.

Néanmoins, j'ai un peu l'impression de vous connaître puisque tous deux nous avons en commun l'écriture, le désir de mettre en espace quelque chose de nous qui resterait.

Je suis indigné par votre sort. La brutalité militaire me sera toujours insupportable. Toutefois, nous savons que la voix, la parole, le poème se faufilent et traversent les murs : frontières, langues, continents.

Si un jour nous nous rencontrons, nous nous reconnaîtrons une seconde fois.

Ici je dessine un sentier sur lequel nous marchons, les mains tendues l'un vers l'autre.




    Paul Bélanger     Aung Myint (Birmanie)
 
 


Poète et éditeur, Paul Bélanger vit à Montréal depuis 1978. Il a organisé pendant plusieurs années des lectures publiques de poètes et d'écrivains à Montréal. Depuis 1982, il publie des textes et des poèmes dans des revues au Québec et à l'étranger. Certains de ses poèmes ont paru dans des anthologies et quelques-uns ont été traduits en espagnol et en anglais. Il a publié cinq recueils au Éditions du Noroît, dont il est directeur littéraire. Il a également créé un livre de bibliophilie, L'Hôte, avec l'artiste Jean-Pierre Sauvé en 1994. Il consacre une partie de son temps à l'enseignement en donnant des cours et des ateliers de création littéraire à l'Université du Québec à Montréal. Il est membre du comité de rédaction de la revue Liberté depuis 1998.

Source : L'Infocentre littéraire des écrivains - www.litterature.org

Pour en savoir plus

 


Journaliste, satiriste et poète, Aung Myint a écrit dans de nombreux magazines et journaux birmans avant d'être emprisonné une première fois en 1997 pour ses activités au sein de la Ligue Nationale pour la Démocratie. Après sa libération, on lui interdit de travailler au Cherry Magazine où il était éditeur adjoint. Lorsqu'il devient directeur du département d'information de la LND, son nom est placé sur la liste noire des maisons d'édition.

En décembre 2000 il est accusé de menaces à la sécurité de l'État et d'avoir violé les lois d'urgence et est alors condamné à 21 ans d'emprisonnement par un tribunal militaire. Son seul crime est d'avoir distribué des informations concernant la situation des droits de l'homme en Birmanie à des agences de presse et ö des diplomates étrangers situés à Rangoon. Les charges qu'on lui impute seraient relatives à un article dénonçant l'arrestation par les forces de sécurité de la militante et prix nobel de la paix Aung San Suu Kyi.