2015 : DÉDICACE du livre de Rawi Hage pour Mohammed Ibn al-Dheeb al-Ajami (Qatar)
   

 

Dear Mohammed,

Let me assure you that to praise jasmine is one of the most honourable things a person could do. Jasmine is no longer a small matter, it seems, a flower scarce in certain climates yet one which invites fear from those who are neither willing nor capable of contemplating just how simple, generous and independent these little white petals can be. All oppressors should be afraid of jasmine, not for its romantic symbolism or its closeness to nature’s beauty, but for its simplicity in eliciting the attention of every passerby and of every gathering crowd. To the decadent sleepers in high glass towers, to those arrogant jailers and guardians of prisons, the capacity of its fragrance to reach every man and woman who is willing to stop and admire what nature has provided, every thinker who perceives complexity, each person who feels gratitude for the smallest things with which this world has provided us, induces fear.

In solidarity, I tell you that there is jasmine blooming everywhere in secrecy and in the most unlikely places. I thank you.

Yours,
Rawi Hage





 
  Rawi Hage
(Québec)

   

Mohammed Ibn al-Dheeb al-Ajami
(Qatar)

 
 

© Babak Salari


Rawi Hage
est né à Beyrouth, au Liban. Écrivain et artiste visuel, son premier roman De Niro’s Game (Parfum de poussière) a reçu le prix IMPAC Dublin, a été traduit en trente langues, finaliste pour quatre autres prix prestigieux, il a aussi obtenu le prix McAuslan First Book Prize et le Paragraphe Hugh MacLennan Prize for Fiction ; ce dernier prix a aussi été accordé à ses deux autres romans. Cockroach (Le cafard)  a de même été finaliste pour plusieurs prix. Son dernier roman Carnival (Carnaval ) (2012) traite de la superbe vie tordue d’une ville moderne telle que perçue par un chauffeur de taxi. Le roman a été finaliste pour le  Writers' Trust Award. Il a publié des textes dans de nombreuses revues canadiennes et étrangères. Il vit à Montréal.

 

 

Mohammed Ibn al-Dheeb al-Ajami était un étudiant en littérature à l’Université du Caire en 2010 quand il a récité un poème (dans son appartement, entre amis) dans lequel il critiquait l’ancien émir cheikh Hamad Al Thani. Il purge actuellement une peine de prison de 15 ans pour « critique de la règle » et « incitation au renversement du système de décision », sentence qu’il a reçue à la suite d’un procès entaché d’irrégularités et une détention au secret. Ce poète bien connu dans le Golfe est détenu à la prison centrale de Doha où il a été maintenu à l’isolement depuis son arrestation. (Amnistie internationale et PEN International)