2009 : DÉDICACE de Jennifer Tremblay pour Guo Qizhen (Chine)
   

Cher Guo Qizhen,


Ce livre que je vous envoie raconte une histoire d’égoïsme. Dans mon pays, les gens pensent d’abord à eux-mêmes. Leur bien-être et leur bonheur dépendent entièrement du temps libre qu’ils arrivent à se consacrer à eux-mêmes, des cadeaux qu’ils peuvent s’offrir, du bien qu’ils peuvent se faire. Les gens généreux que je connais adorent qu’on les flatte en leur répétant qu’ils sont généreux.

Dans mon pays, je peux écrire n’importe quoi sur n’importe qui, mais pas n’importe où! La censure existe, mais elle est si hypocrite, mon ami! Elle se cache et nous aveugle en nous maintenant dans l’illusion que nous y voyons clair.

Sachez que je vous admire infiniment d’avoir osé risquer votre vie pour mettre de la lumière sur l’insupportable.

Mes pensées rejoignent les vôtres dans le firmament des esprits libres.

Courage, mon ami,

Jennifer et les autres




 
© Karine Patry
  JENNIFER TREMBLAY (QUÉBEC)     GUO QIZHEN
(CHINE)
 
 


Originaire de la Côte-Nord en 1973, elle publie dès 1990 un recueil de poésie, Histoire de foudres. Après des études en création littéraire et la publication de nouvelles et d'articles, elle scénarise de  très   nombreux épisodes d'émissions jeunesse à la télévision d'État. Elle cofonde, en 2004, la maison les Éditions de la Bagnole puis publie son premier roman et plusieurs albums pour la jeunesse. Elle a reçu le Prix du Gouverneur général pour le monologue théâtral La Liste.

Source : Site de l’Île (UNEQ)

 

 


Écrivain et blogueur de 49 ans, il a été arrêté le 12 mai 2006 et condamné cinq mois plus tard à quatre ans de prison pour incitation à la subversion du pouvoir de l'État. Cette condamnation serait liée à des articles critiques sur le gouvernement publiés sur des sites Internet basés à l'étranger. Il a affirmé, par exemple, qu'il était temps de sonner le glas de ce mauvais régime et il a participé à une grève de la faim tournante. En juillet 2007, il a été battu par des codétenus. En février 2009, il a pu parler à sa femme et elle lui apporte, tous les deux ou trois mois, des médicaments fort coûteux que les autorités refusent de lui administrer.

Sources : Amnistie internationale