2003 : DÉDICACE DU LIVRE LE GARDIEN DE MON FRÈRE
   

Pour Tran Van Khue

En hommage à l'écrivain, à l'érudit, au défenseur de sa culture, de sa civilisation, pour l'homme qui lutte pour le développement essentiel de son peuple, un développement humain qui ne peut s'accomplir que dans la liberté.

Le titre de mon roman Le gardien de mon frère va au-delà de l'interrogation pour affirmer la solidarité fraternelle entre des hommes convaincus que le bien supérieur est la liberté sans laquelle aucun progrès ne peut s'accomplir.

Écrivains, nous sommes unis par notre volonté d'exprimer une parole qui préserve la mémoire et prend la défense de la promesse.

Je souhaite que vous recouvriez d'urgence votre liberté pour que votre parole soit entendue. Je vous serre fraternellement la main à travers les continents et vous dis ma solidarité dans notre langue commune, celle d'écrivains dont la liberté est garante de l'avenir de leurs pays.

Naïm Kattan




    Naïm Kattan     Tran Van Khue (Vietnam)
 
 


Romancier, essayiste et critique, Naïm Kattan a étudié le droit à Bagdad (1945-1947) puis la littérature à la Sorbonne (1947-1951). En 1954, il immigre au Canada. En 1961, il devient chroniqueur au Nouveau journal dans la section politique internationale, puis il est chargé de cours à la Faculté des sciences sociales de l'Université Laval. Il a aussi collaboré à un grand nombre de journaux et de revues du Proche Orient, de l'Europe et du Canada dont Le Devoir, Les Lettres nouvelles, Liberté et La Quinzaine littéraire (Paris), Tamarack Review (Toronto), et Canadian Literature (Vancouver). Très actif dans l'univers culturel québécois, il a été pendant plusieurs années secrétaire et rédacteur en chef pour le Cercle juif de langue française de Montréal. Enfin, il a été pendant deux ans rédacteur à la Commission royale d'enquête sur le bilinguisme et le biculturalisme. Naïm Kattan est actuellement professeur associé au département d'études littéraires à l'Université du Québec à Montréal.

Naïm Kattan est membre de la Société Royale du Canada, de l'Académie Canadienne-française (1983) et de la Compagnie des Cent associés. Le prix Québec-Paris lui a été attribué en 1971 pour Le Réel et le Théâtral. En 1983, il a été élevé au rang d'Officier de l'Ordre du Canada, en 1989 à celui d'Officier de l'Ordre des Arts et Lettres de France et, en 1990, il a été fait Chevalier national du Québec. En 1993, il a été nommé membre du Conseil des Arts de la Communauté Urbaine de Montréal. En 2006, il a reçu, de l'Université Concordia, un doctorat honorifique qui souligne sa contribution exceptionnelle à la société québécoise depuis 50 ans à titre de romancier, essayiste et critique. Depuis 1994, il est président du Prix littéraire de la ville de Montréal. Il est membre de l'Union des écrivaines et des écrivains québécois.

Naïm Kattan est aussi l'auteur d'une trentaines d'ouvrages, romans, nouvelles, essais traduits en plusieurs langues. Il s'attache surtout à rendre compte des problèmes de la vie collective ou individuelle et de l'adaptation à des milieux nouveaux; il traite ainsi souvent de la rencontre de cultures très différentes. Dans un univers quelquefois dramatique et sombre, il s'interroge sur la destinée de ses personnages.

Source : L'Infocentre littéraire des écrivains - www.litterature.org

Pour en savoir plus

 


Érudit de la littérature classique vietnamienne et chinoise, le professeur Van Khue a été emprisonné sans procès depuis le 29 décembre 2002. Ses livres, essais et lettres ouvertes exigeaient la démocratisation du Vietnam en vue d'un développement durable.

Âgé de 67 ans, universitaire de la province de Nam Dinh, lauréat de l'université de Hanoi, il a exercé à titre de professeur dans un collège de cette ville. Depuis 1981, il est professeur à la Faculté de pédagogie de Ho Chi Minh Ville, puis à l'Institut des sciences sociales de cette ville. En 1995, il mérite une bourse d'études d'une année à Aix-en-Provence (France). Il fondera plus tard le Centre culturel de l'Asie du Sud-Est qui deviendra un foyer d'études de l'histoire vietnamienne. Les problèmes sociaux et les questions de réforme seront bientôt à l'ordre du jour. Sa participation, avec un groupe d'intellectuels, en vue de la fondation de « l'Association du Peuple vietnamien pour la lutte contre la corruption » sonne le glas de son arrestation et son isolement en résidence surveillée. Malgré les interrogations, les menaces et d'autres mesures arbitraires - suppression du téléphone, censure du courrier postal et électronique - Tran Van Khue a continué à poster ses lettres ouvertes et ses articles sur Internet pour appeler à la démocratisation du gouvernement.